SUMMIB DEUXIEME ANNEE DE FONCTIONNEMENT
Tout euphorique après cette réussite inespérée, épuisé par l’effort fourni pour mener à bien la dernière commande, je me laisse un peu aller…
Je suis épuisé parce que lorsque l’on dit que tout s’est bien passé, que la commande a été une réussite, en réalité il a fallu faire face à une multitude de problèmes : retard de livraison des
matières premières, machine en panne, pièces qui cassent et qu’il faut remplacer d’urgence, erreurs d’exécution, etc… J’ai passé de nombreuses soirées et de nombreux week-end à rattraper des
pièces qui m’avaient été livrées défectueuses.
Je suis épuisé aussi par le stress engendré par le souci de ne décevoir ni mon client, ni mes employés, ni mon entourage…
Nous perdons encore 2 ou 3 clients… Le résultat ne se fait pas attendre : les chiffres du 1er trimestre sont catastrophiques…
Je pense que ce n’est pas grave, nous avons ouvert des comptes à termes, il n’y a qu’à s’en servir…
La prospection ne ramène aucune véritable affaire, mais demande une grande dépense d’énergie : prototypes, déplacements, propositions commerciales, qui n’aboutissent pas et laissent sur un
sentiment d’échec. Les 3 mois suivants ressemblent aux premiers, le travail manque, l’atelier est silencieux, l’ambiance explosive…
Les comptes à termes sont rapidement épuisés. N’en comprenant pas la raison je demande une explication comptable :
La première année, nous n’avons payé ni impôts ni taxes, bénéficiaire de l’ACCRE, je n’ai payé aucune charge personnelle.
Il en est autrement cette année ! Les sommes sont phénoménales ! tout est indexé sur le bénéfice !
En septembre, mon expert comptable me met en garde : si le chiffre ne se redresse pas un licenciement ou même deux vont devenir inévitables. Première personne visée : mon
épouse… je ne peux imaginer de ne plus avoir d’appui administratif. Quand à licencier une personne à la production, je refuse d’y penser…
Je réagis : relance des clients existants, prospection, je suis partout, je décroche des commandes et de nouveaux clients.
Je bouscule l’atelier : l’allure de croisière, c’est fini, il faut accélérer… le travail est là ! Je dois même renforcer mon équipe temporairement par un CDD.
Le chiffre du 3ème trimestre est qualifié de " normal " mais cela ne suffit pas à redresser la situation. Une chose est certaine, nous allons sortir " en
pertes "… Mon ego en prend un coup !
Pour minimiser ce résultat négatif, j’envisage de ne pas fermer l’atelier entre Noël et le 1er de l’an comme il est de coutume.
La violente réaction d’un employé me fait abandonner cette idée.
Je me sent très très seul…
Fin d’exercice morose.
Je suis déçu, humilié, je dois réagir, la prochaine année sera meilleure, je vais mettre tout en œuvre pour cela !
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