Jeudi 1 septembre 2005
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Après 30 ans de bons et loyaux services dans le domaine de l’industrie Automobile en qualité d’Ingénieur Hautes Technologies, âgé de plus de 50 ans, je suis mis au placard…
J’ai échappé à 3 licenciements suite à des dépôts de bilans successifs. Ceux qui ont connu de telles situations savent les angoisses, les insomnies, les maux de tête, les disputes familiales et
les vacances ratées pour cause d’irritabilité.
Figurant sur la liste des licenciés puis " rattrapé ", mon poste de Chef d’Atelier est confié à " un plus jeune ", je suis affecté au service achats.
Formation de 3 jours au métier d’acheteur je rejoins une équipe où on me fait une petite place... Je suis acheteur … de visserie…
J’ai le moral à (- 50). Je dors tout le temps, je prends 12 kilos…
L’Usine va déménager en province, elle souhaite " dégraisser " et offre la possibilité du licenciement à ceux qui ne veulent pas suivre.
" Si je décide de suivre je serais toujours acheteur?
Non, on a embauché un jeune qui parle 3 langues - 3 langues pour acheter de la visserie ! " pour vous on ne sait pas encore mais on vous trouvera une occupation…"
C’en est trop ! … Je demande le licenciement.
Je ne sais pas ce que vais faire… compte tenu de mon âge et de ma spécialité, il ne faut pas songer à trouver du travail dans la même branche. Je pense investir dans une Société ou m’associer -
peut-être avec des collègues… Les approches n’aboutissent pas. Je cherche, et cherche encore… un ancien collègue me demande pourquoi je ne vais pas à la cellule de reclassement. Je n’ai pas été
contacté…et j’ai toujours entendu dire que " ça ne sert à rien ".
Ca m’a beaucoup servi ! Je ne suis revalorisé, oubliés le placard et ses humiliations, je redeviens fort et capable d’entreprendre…
Les tests indiquent un potentiel mécanique et artistique. Je dois chercher à associer ces 2 capacités…
On me fourni une liste de sites. Je trouve une entreprise à " reprendre " de Sérigraphie et Gravure située à proximité. Je prends contact : j’ai le coup de foudre !
Je fais mes calculs : mes petites économies, la prime de licenciement, les premiers loyers, les premiers salaires, le déménagement et l’aménagement du nouveau local (l’ancien est petit
et vétuste). Je me lance.
Ce n’est pas une mince affaire. Chaque jour apporte son lot de difficultés : trouver un local, négocier le bail, signer la promesse de vente, constituer un dossier ACRE, trouver une banque
pour l’emprunt, faire un budget provisionnel, aménager le nouveau local, se mettre d’accord sur le contrat de vente, rendre visite à l’avocat et au comptable, acheter au meilleur prix le petit
matériel indispensable pour commencer, récupérer ici et là des meubles et du mobilier de bureau, rencontrer les futurs employés et …se marier (ça rend le dossier plus crédible…).
Je vis à 100 à l’heure – je suis épuisé mais fou de joie.
L’atelier est déménagé entre Noël et jour de l’an. les machines sont branchées, mon épouse a tout nettoyé, je suis très fier … Le 2 janvier 2003 à La Queue en Brie à 8 heures :
C'est ainsi que SUMMIB est
née...
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