Bonjour à tous,
Je vous remercie de venir me lire. Je prends un peu de temps pour dire comment est née "ma Société" et parler de son évolution. Un artisan
se sent parfois bien seul et je vous prie d'excuser mes coups de gueules contre les administrations ou certains clients peu scrupuleux...
Je souhaite aussi aider ceux qui se sentent en perte de courage car j'ai connu de très mauvais moments. Privé d'emploi à 53 ans, j'ai repris en 2003 un atelier de marquage industriel. Puisque je l'ai fait, vous pouvez très certainement le faire... Il faut surtout beaucoup, beaucoup de volonté et ne pas se laisser décourager...
Michel Brisoux
Le bilan de 2005 aurait été juste équilibré si nous n'avions accepté une affaire très risquée.
Le client a de grosses difficultés financières. La raison voudrait que nous refusions le travail mais si nous avions la chance d'êtres payés, cela remettrait l'entreprise sur les rails.
Après bien des hésitations, nous prenons le risque ! Risque calculé quand même puisque nous exigeons un acompte qui couvrira l'achat des matières premières. Si les autres factures n'étaient pas payées, ce serait uniquement notre main-d'oeuvre qui ne serait pas payée. Nous pourrions grâce à l'acompte payer nos fournisseurs.
Ce serait une perte énorme mais qui ne mettrait pas notre entreprise en péril.
C'est la facturation de cet acompte qui a fait que le bilan 2005 est positif.
Obtenir le paiement est une autre affaire ! Le client règle l'acompte par une traite dont l'échéance se situe après la livraison totale des fournitures !
Pas question d'accepter ! Nous ne commanderons la matière première qu'après avoir encaissé l'acompte. Nous finissons par recevoir un chèque - je passe sur les paroles méprisantes des "grands directeurs financiers" envers un petit artisan sans envergure comme moi ...
Cette affaire s'étend sur trois mois durant lesquels nous devons batailler comme des chiens pour obtenir les règlements. En définitive, les factures sont payées dans leur intégralité.
Nos craintes étaient fondées, en fin d'année, les alertes infogreffe se succèdent, notre client est mis directement en liquidation judiciaire.
Un tel événement est toujours un drame. Des liens se tissent avec les acheteurs, les techniciens et les comptables. Quand on est soi-même entrepreneur on compatit d'autant plus qu'on s'identifie à l'entreprise malheureuse.
Pour en revenir au résultat de l'exercice, il semble que notre coup de poker nous ait galvanisé. Nous traitons de belles commandes et comptons quelques nouveaux clients.
Le bilan N+3 est satisfaisant.
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